Il pleut des lettres anonymes sur le petit village de Saint-Robin et, comme l’annonce le narquois Dr Vorzet, « Quand ces saloperies se déclarent, on ne sait pas où elles s’arrêtent… » Tourné en 1943, le deuxième film de Clouzot fut honni de tous. Cette foire à la ­délation ne pouvait que déplaire aux résistants et,  très loin de célébrer le travail, la famille et la patrie, elle n’était pas non plus du goût de Vichy.

Clouzot explore ans ce film sombre, la noirceur de l’âme humaine avec quelques zones de lumière. Comme dans la grande scène expressionniste (qu’admirait Hitchcock) où le balancement d’une ampoule illustre la notion relative du bien et du mal. Les lettres anonymes lui servent d’alibis pour traiter d’avortement, de drogue ou d’adultère, avec une liberté incroyable. Les seuls personnages sauvés, dans ce chef-d’œuvre de méchanceté ? Une infirme aux mœurs légères (Ginette Leclerc, vulgaire à souhait) et un type fâché avec la vie (Pierre Fresnay, ­superbe).

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Le Corbeau

Sortie le 28 septembre 1943